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Confinement J+30, un peu de notre quotidien.



Voilà un mois que le confinement a débuté. Comme tout un chacun nous avons dû nous adapter. Une manière de vivre si familière et différente à la fois.

Nos habitudes de consommation ont changé. Fini les courses trois fois par semaine à arpenter pendant des heures les rayons  à la recherche d'idées repas pour le soir même et le lendemain ou juste pour flâner. Nous faisons désormais nos courses au Drive, dans une ferme à proximité et avons tenté la livraison à domicile, le moins souvent possible. Autant dire qu'il faut se creuser la tête et réussir à compiler avec ce que nous avons en stock. On fouille dans les armoires, le congélateur, on devient finalement moins regardant sur les dates. Le yaourt dont la date de péremption est passée ferait bien l'affaire pour faire un gâteau. Pas question pour autant d'avoir l'impression d'être privé. Outre le fait qu'avant j'étais seule tous les midis, je crois que je n'ai jamais autant cuisiné et que nous n’avons jamais mangé aussi varié. Je me creuse la tête chaque jour pour varier les recettes, faire des desserts (une activité gourmande pour occuper un peu notre ado). On devient finalement encore plus adepte du fait maison et l'idée d'enfin essayer la recette de focaccia qui traine sur mon bureau depuis - bien trop longtemps - est enfin testée (c’est d'ailleurs délicieux).

Plus de coiffeur alors les ciseaux sont tendus à Maître pour qu'il coupe ma mèche pour la première fois tandis que j'endosse à mon tour cette tâche munie d'une tondeuse.

Plus d'esthéticienne. Les consignes de Maître sont claires bien qu'il soit plus indulgent. Je balaye l'idée de ressembler à un yeti sans pour autant céder à la tentation du rasoir sur les zones sensibles ;-), faire quelque chose de joli et soigné bien que l'épilation intégrale soit, pour un temps, mise de côté.

Du sport quotidiennement. Sans sortir, toujours confinée. Comme d'habitude une demi-heure de tapis tous les matins à laquelle s'ajoute désormais un moment de sport en famille le soir. Chacun affairé à son activité et à ce que nous souhaitons faire travailler, nous nous faisons suer en partageant des moments de rigolade ou de regards complices.

Le soleil donne à ce mois d'avril des airs d'été. Me voilà en train de me faire dorer et bouquiner dans notre jardin, bien souvent délaissé. J'observe les mésanges, les hirondelles, je sens le soleil rougir ma peau. J'attise le désir de Maître simplement vêtue d'une tenue digne de la plage. J’ai presque l'impression de goûter aux vacances. Je suis la plus heureuse lorsqu'il décide d'utiliser ma bouche, là, dans notre jardin.

Au fil du temps, Maître s’est installé dans mon bureau. Avec la même rigueur, il passe la journée à travailler, à téléphoner... Je me fais la plus petite possible pour ne pas le déranger. Il n'est pas très bavard pour ne pas dire qu'il a du mal à décrocher un mot. Comme si bien qu'ensemble nos habitudes n'avaient que peu changé. Parfois Il me désigne du regard le sol pour que je m’agenouille à Ses côtés, ou je prends plaisir à aller lui chercher le café qu'Il m'a demandé.

Le savoir présent change mon quotidien, me fait goûter un peu à cette vie que je désire tant. Cette vie dont j'ai déjà tant parlé ici. Je ne doute pas que les plus fidèles de mon blog s'en souviennent encore. Si près du but, prêts à démarrer une nouvelle vie ailleurs et peu avant le confinement tout s'est effondré. Après 3 ans de recherche, de travail, le montage de notre projet et l'attente de l'accord nous permettant d'enfin concrétiser ce rêve, nous voilà au point 0. Le moral en prend un coup. Je me demande si j'ai trop rêvé. Je regrette parfois d'avoir eu ce projet en tête, si tôt alors que nous avons du mal à le concrétiser.

Je m'y suis tellement projeté que j'ai l'impression de ne plus pouvoir attendre. Oui c’est vrai, égoïstement, j’aimerais enfin que N/nous soyons au centre des priorités de notre vie plutôt d'attendre que Maître revienne de ses 12, 13 heures ou plus encore de travail quotidien. Que nous reste-t-il après ?

J'aimerais avoir du temps pour nous et le confinement est, en ce sens, une chance inespérée de passer du temps ensemble. Certes Il travaille, mais jamais nous n'aurons plus de temps que maintenant pour passer du temps ensemble.

Je devrais sans doute me satisfaire de ce bonheur de l'avoir, j'en ai tellement rêvé ! Je mesure la chance que j'ai. Je suis plus heureuse, moins stressée. Même si finalement j'ai souvent l'impression de passer après son travail (difficile de changer l'investissement personnel lorsqu'il fait autant partie du caractère), même si finalement il me parle peu, Il est là.
Pourtant il m'en faut davantage. Suis-je une éternelle insatisfaite qui n'en a jamais assez ? Qui n'est jamais pleinement heureuse ? Qui est vouée à se retrouver sur les montagnes russes ? A passer du petit nuage au rien ne va vraiment comme il faut ? Je ne sais pas. J'ai pourtant l'impression de vouloir des choses simples : un peu d'attention, d'investissement, sentir ma place, discuter...

J'ai l'impression d'avoir trop attendu. Alors que c’est sans nul doute Lui qui m'a fait rêver à plus ou plutôt à croire qu'il était possible d'avoir plus. J'ai besoin d'attentions, j'ai besoin de me sentir à Lui, j'ai besoin d'un cadre, de consignes. J'ai besoin de le sentir présent malgré la difficulté à trouver de l'intimité alors que nous sommes constamment en famille. Je ne nous crois pas pour autant en vacances, je sais qu'il doit travailler, je demande d'avoir davantage de temps pour nous.

Bien entendu, il n’est pas question de sortir le fouet, de faire une longue séance alors que nous n'avons pas l’intimité nécessaire. Seule sa main fait claquer mes fesses. Mais notre relation n’est pas faite que de ça. Il ne s'agit pas que de séances, il ne s'agit pas que d'impacts, il ne s'agit pas que de plaisir et de douleur, il y a aussi tout le reste. L'emprise psychologique, les ordres, les consignes, les tâches à faire, les positions à respecter, les tâches simples mais qui demandées par le Maître prennent un tout autre sens.

Il nous a fallu près de trois semaines avant de se rendre compte que cette occasion du confinement n'était pas à laisser passer. J'ai été la première surprise lorsqu'il m'a remis mon collier de séance, j'ai dormi avec à sa demande cette nuit-là après avoir regoûté à la contrainte, au cellophane, à la frustration. N'être là que pour Son plaisir ou obéir à Ses consignes de m'en donner à des moments qu'Il a choisis. Sentir sa fermeté, plus d’intransigeance. Retrouver notre lien, notre dynamique. Retrouver du sens. Le vouvoyer, le remercier, ressentir l'évidence, le besoin de me prosterner à Ses pieds, lui baiser les pieds humblement. Et je vis tellement mieux ainsi !



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Commentaires

  1. Bonsoir Anaëlle ,

    Il me tardait tant de pouvoir vous lire à nouveau , voilà qui est chose faite .

    En vouloir plus , c'est le propre de l'homme , c'est ce qui nous permet d'avancer , d'aller plus loin .Tous le monde à ces hauts et ces bas , et c'est souvent dans les bas que l'on en sort grandi et plus fort .

    Il est important de rêver , et d'essayer tant que possible de concrétiser ce rêve , bien sur parfois cela ne marchera pas comme on le souhaiterait ( et vous en savez quelque chose ) , mais il faut rebondir et ne pas ce laisser décourager . Vous êtes une femme forte , je le sais , qui a souvent repoussé ces propres limites , je ne sais pas si je serais capable d'en faire autant ! Puis votre Maître est la , à votre écoute , pour vous montrer la direction à suivre , pour vous épauler , vous soutenir .

    Votre lien que l'on ressent si fort entre vous , c'est le ciment de votre couple , c'est l'essence qui coule dans vos veines à tous deux , c'est cette façon de vivre si particulière que vous avez choisi et qui vous va si bien . Alors ne changez rien , vous êtes ce que vous êtes , et c'est ce qui fais de votre vie , une vie épanouie et heureuse ( malgré vos montagnes russes ) .

    Au final , c'est peut être une occasion de vous recentrer sur ce qui vous paraît important , comme vous le dites " cette occasion du confinement n'était pas à laisser passer " .

    Cela me fait penser à ce que j'ai dit récemment à ma Déesse " le plus dure , nous sommes en trin de le vivre , alors quand tu seras ici , il ne nous restera que le meilleur "

    Je vous souhaite à tous deux , la concrétisation de vos rêves ........


    Pierre ,

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