Anaëlle, esclave de Maître Phénix, Carnet intime d'une Soumise

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mercredi 17 octobre 2018

Notre future vie...

Cet article est écrit à la demande de Maître, Il m'a demandé d'y évoquer mes attentes sur notre future vie mais aussi la façon dont je me la représente... Parce que nous n'y sommes pas encore et que ce qui suit après n'est que ma propre vision, j'écrirai ce récit à la troisième personne.


Elle n'avait aucun mal à imaginer cette pièce. Elle s'y était tant de fois rendue en fermant les yeux le soir, au réveil au petit matin et à tout autre instant où son esprit s'évadait. Elle en connaissait chaque détail, les fauteuils qui étaient placés, la forme de la table basse, les divers instruments que son Maître pourrait utiliser, le mobilier... Elle pouvait presque toucher du bout des doigts le mur de pierre, sentir sa froideur et sa rugosité tandis qu'elle y serait maintenue, contrainte, aux anneaux d'acier. Elle se voyait déjà là, devant cette porte, le cœur battant, dans cet espace qui serait le leur au sein même de leur propriété. Lieu de délices ou de supplices, elle serait ici à Lui. Elle s'imaginait partageant leur refuge avec ceux qui, comme elle, sauraient l'apprécier. Bien que ce lieu la faisait fantasmer depuis  plusieurs mois, elle n'allait cependant jamais plus loin dans son imaginaire, elle voulait conserver une part de mystère, tout ce qui ne dépendait pas d'elle. Elle voulait avant tout y vivre ce que son Maître souhaitait.
Elle était consciente des difficultés qu'ils rencontreraient à posséder un tel endroit, leur donjon. Elle n'avait pas encore trouvé comment ils en interdiraient l'accès aux petits yeux curieux de la maison, ni même ce qu'elle dirait lorsqu'elle ferait visiter leur maison à la famille. Comment pourrait-elle justifier que ce soit la seule pièce dans laquelle personne ne pouvait entrer ? Il faudrait qu'elle trouve des solutions car ici commençait son rêve.

Elle souhaitait cette vie pleine de sérénité, loin du stress, des angoisses qui s'emparaient si souvent d'elle. Elle s'y voyait zen, heureuse, profitant de la beauté de la lumière dorée du soleil perçant les nuages. Elle s'étonnait souvent de ne pas y prêter plus souvent attention mais savait apprécier l'instant lorsqu'il se présenter à elle. A ce moment, plus rien d'autre ne comptait, la vraie vie était celle-ci, dans leur cocon, loin des tumultes qui empêchent souvent de savourer l'instant présent. Elle s'imaginait, assise sur la terrasse sous les rayons d'été ou au coin du feu, assise sur son tapis, un livre à la main ou apportant à son Maître un verre qu'ils partageraient seuls ou avec des amis, l'accompagnant en randonnée en famille ou à deux pour le plaisir de découvrir de jolis paysages, épuisés par le dénivelé, dans cet immense terrain de jeu que leur offrait la nature où son Maître lui ferait vivre bien des aventures.

Sous ses airs rêveurs, semblant déconnectée de la réalité, elle était aussi très terre à terre. Ils ne vivraient pas simplement d'amour, d'eau fraîche et de badine. Elle les imaginait liés autour d'une même activité, elle l'aiderait autant qu'elle le pouvait, elle l'accompagnerait à sa manière dans le développement de leur projet, ils travailleraient ensemble, de façon complémentaire. Ces moments ressembleraient peut être à la vie de Monsieur et Madame tout le monde mais elle espérait que d'être ensemble leur permettrait de vivre davantage sa condition.

Passer plus de temps ensemble, rien que ça, c'était un rêve. Elle avait passé tant d'années à le voir partir le matin et à l'attendre si tard le soir qu'ils ne pouvaient plus profiter de rien. Elle avait l'impression qu'on lui avait volé une partie de leur vie. Jamais ils ne pourraient rattraper ces moments perdus. Elle savait qu'elle n'aurait pas assez d'une vie pour profiter de Lui comme elle l'aurait voulu. Le travail leur avait assuré une vie confortable même s'ils n'avaient jamais fait de folies et il aurait été bien mal venu de cracher dans la soupe. Elle avait toujours encourager son Maître à aller au bout de ses envies car elle croyait en Lui plus qu'en aucun autre, elle connaissait sa soif d'apprendre, toujours et encore, de s'investir, de développer, de donner le meilleur de lui-même, c'était en Lui et elle ne pouvait l'empêcher. Elle savait qu'il avait les capacités de plus encore et elle fut toujours la première à le lui dire et à l'encourager à aller au bout des opportunités proposées. Elle se réjouissait de son épanouissement, de son ascension même si la tristesse prenait parfois le dessus voyant l'heure tardive à laquelle il rentrait. Elle connaissait cette dépendance de Lui depuis toujours, attendant ce coup de téléphone qu'il lui indiquerait qu'il était sur le chemin du retour, guettant l'horloge lorsque le temps défilait et qu'elle devrait se résigner à manger sans Lui. Maintes fois elle en fut en colère car sa vie ne commençait qu'en sa présence puis elle se résigna parce que ça ne servait à rien, jamais elle n'aurait le dernier mot. Cette fois, dans cette vie future, Il lui offrait la possibilité de ce temps ensemble. Elle savait qu’indéniablement ils seraient amenés à se serrer la ceinture mais elle y était prête parce qu'en échange, elle l'aurait Lui.

Sa plus grande crainte était de se planter, son esprit pragmatique l'avait poussée à envisager toutes les possibilités. Elle ne voulait pas se montrer trop optimiste sur leur projet par peur d'avoir mal apprécié la réalité car elle savait qu'une fois lancés il serait difficile de faire machine arrière et elle ne pouvait imaginer perdre cette chance qui lui était donnée d'être plus ensemble, aussi voulait-elle s'y engager, convaincue que ça allait marcher, ce qui avait rendu leurs recherches pour faire le grand saut longues et épuisantes. Cette période fut difficile à supporter, il fallait faire preuve de patience, elle aurait tant aimé avoir une baguette magique et que tout se mette en place très vite.

Elle se souvenait de la raison pour laquelle Il avait voulu changer de vie, de ce déclic qu'Il avait eu un soir où Il avait senti que les priorités de la vie n'étaient pas celles auxquelles Il s'était jusqu'alors toujours attaché. Ce soir là, au cours de leur première soirée privée, ils étaient "eux" avec tant de liberté, unis par une complicité indescriptible, entourés de personnes qui lui avait fait entrevoir une autre réalité. Et c'était pour "eux", pour vivre pleinement leur bonheur qu'Il avait décidé de tout changer.

Elle n'avait pas tout quitté pour la beauté des montagnes, elle n'avait pas tout quitté pour avoir un autre chez soi, elle n'avait pas tout quitté pour changer de vie professionnelle... elle avait tout quitté parce qu'Il lui avait promis une nouvelle vie, une vie dans laquelle leur relation Maître/esclave s'épanouirait. C'était pour cela qu'elle avait accepté. Il avait su la faire rêver avec ses mots alors qu'elle n'osait y croire, petit à petit elle s'était laissée porter par cet avenir sans vraiment savoir comment tout cela s'exprimerait.

Personne n'aurait pu deviner que leur vie était un peu moins conventionnelle qu'elle n'y paraissait à moins qu'Il ait clairement le désir de l’afficher. Ils étaient un couple parmi tant d'autres se promenant main dans la main ou poussant un chariot dans un magasin. Mais lorsqu'Il le demandait elle arborait fièrement son collier, sans gêne ni honte. Même si être tenue en laisse en pleine rue semblait quelque peu étrange pour certains elle levait la tête fière de sa condition. Elle respectait chacune de ses demandes, agenouillée aux yeux de tous quand et où il le désirait, sans se soucier du regard des autres, du qu'en- dira-t'on, fière de leur différence. Le but n'était pas de choquer mais de ressentir pleinement cette possession, elle était à Lui, objet de son plaisir, là pour satisfaire ses envies, répondre à Ses demandes, obéir sans poser de questions. Elle se sentait importante à ses yeux, elle aimait sentir son désir, il aimait s'occuper d'elle, inventer de multiples mises en scènes et même dans les cris et la douleur elle chérissait cette vie. A ses côtés elle n'était plus cette femme effacée, au travers de ses yeux elle avait retrouvé confiance en elle, Il était fier d'elle.

Elle aimait sentir leur lien au quotidien, pas uniquement lors de séances mais de toutes ces petites choses qui lui rappelait qu'elle lui appartenait, des rituels, une façon de s'adresser à elle, un regard qui en disait long. Il pouvait la laisser là, seule, dans un coin s'il l'avait décidé, disposer de son corps pour son plaisir ou pour satisfaire son sadisme.

Il lui ferait vivre nombre de découvertes et de plaisirs. Il lui ferait peut-être vivre des moments extrêmes, dans la peur et l'angoisse, dans un flot d'émotions incontrôlables la faisant douter de ses capacités. Il la pousserait alors dans ses retranchements les plus profonds et la pousserait à se dépasser pour Lui, à aller au-delà de ses propres limites.

Elle aimait savoir qu'elle partagerait cette vie avec son mari et Maître. Ensemble, il trouverait l'équilibre entre amour, partage, rire, complicité et servitude.

Il lui faudrait certainement du temps, beaucoup d'investissement pour s'occuper de Son esclave mais il avait changé de vie pour ça et n'oublierait pas ce qui les avait amenés là.

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Maître,

Je ne sais pas si ces images Vous aident à entrevoir la vie dont Vous m'avez fait rêver. Il est très difficile de décrire précisément ce que j'en attends car ce que j'attends dépend essentiellement de Vous. J'aimerais tant savoir à quelle vie Vous pensez lorsque Vous Vous projetez dans notre futur, dans ce que sera demain notre relation Maître/esclave.
Bien évidement j'attends plus de temps ensemble, je sais que nous aurons des obligations mais j'espère que ces obligations ne passeront pas avant "Nous" et que nous n'oublierons pas pourquoi un jour nous avons tout changé.
Je sais que l'investissement professionnel nous prendra énormément de temps mais il n’est pour moi pas incompatible avec l'attention, le regard de l'autre, l'expression de notre relation au travers de tous ces petits riens, ces petits tous qui changent tout. Nous tâcherons d'y trouver cet équilibre en conciliant un peu de toutes nos vies.
Vous m'avez beaucoup émue lorsque Vous avez évoquez pour la première fois le souhait de construire quelque chose de nouveau avec moi et c'est avant tout cela que j'ai envie d'y trouver.

Si Vous me le permettez, voici un extrait d'un texte que Vous aviez écrit qui m'a beaucoup touchée. C'en est un parmi d'autres qui m'ont amenée à croire en ce rêve :

"Depuis quelques mois, depuis une soirée, depuis la révélation, depuis ce moment magique, depuis ces rencontres formidables faites dans ce château, depuis ce déclic je rêve de cette nouvelle vie, d'une vie qui nous correspond, de notre vie dans laquelle nous serions nous, simplement nous.
Sans se cacher, dans la limite du respect de ces gens vanille qui croient tout savoir et nous jugent si rapidement, en vivant notre rêve tout simplement.
Cette nouvelle vie, elle est possible, j'y travaille depuis des mois. Prêt à faire d'énorme sacrifices pour l'avoir, pour l'offrir à mon esclave Anaëlle, pour nous l'offrir.
...
un jour, bientôt, j'en suis certain, je pourrai vous écrire en disant "nous commençons notre nouvelle vie avec mon esclave Anaëlle, enfin!".  

vendredi 12 octobre 2018

Quand l'esclave prend Son pied...


Ce matin, je me sens plus sereine, nous avons passé un bon week-end, beaucoup d'amour, de bien être ensemble. Comme chaque matin c’est un peu la course pour se préparer, Maître ne part pas avant moi aujourd'hui et me dit qu'Il nous accompagnera à l'école. J'en suis d'abord contente, quelques minutes ensemble grappillées, puis lorsque je Le vois tripoter dans portable sans même lever un regard sur moi qui attends juste à ses côtés je fulmine. Ça m'agace. Je pars m'isoler dans la canapé, le manteau sur le dos. J'attends qu'il me rappelle, remarque mon absence mais rien. Je lui dis donc que ça n’est pas la peine de nous attendre et qu'Il peut aller travailler. Il ne comprend pas, pense que c'est parce que nous ne voulons pas le retarder. Je reviens près de Lui, toujours le nez dans ses mails, la colère monte et explose, je lui répète à nouveau qu'il peut partir, il me dit qu'il a plus de temps aujourd'hui sans comprendre que c'est son attitude qui me dérange et dans un sentiment de colère qui m'emporte je lui dis que nous passons certainement trop de temps ensemble puisqu'il a le nez dans le portable alors que nous ne voyons pas de la journée. Il me dit que non et que c’est pour cela qu'aujourd'hui Il va bosser de la maison. Je suis surprise, je ne m'y attendais pas, je me sens "nulle" d'avoir réagi de la sorte, aussi vite, ainsi à cette annonce je suis en larmes, à genoux devant Lui, dans ses bras, je m'en veux, et je grogne contre cette hyper émotivité qui est la mienne en ce moment.

Maître passe la matinée à travailler, nous nous retrouvons un peu avant midi pour me dire qu'Il m’emmène au restaurant et me rappelle qu'Il est avec Son esclave aujourd'hui. Mon large collier de séance vient se fermer dans ma nuque et nous prenons la route. Le restaurant est bondé mais je ne cherche nullement à cacher mon collier, au contraire, je me sens belle avec et si heureuse de le porter à nouveau,heureuse de voir que Maître allie le geste à la parole et qu'il a vraiment la volonté de se réinvestir dans notre relation.

Nous reprenons la route après le déjeuner. Vu l'heure avancée Maître me dit que nous n'aurons pas de séance l'après midi par manque de temps, j'imagine donc en avoir une plus tard dans la soirée. Je m'installe dans le jardin pour boire une tisane et profiter du soleil, à peine le temps de boire la moitié de la tasse que Maître me dit d'aller à la salle de bain et emporte ma tasse en me disant que je terminerai là bas. Il me demande de me déshabiller, de régler la température de la douche et place un loup sur mes yeux.

Je trouve très curieux de prendre une douche juste après le repas mais si telle est sa demande... A tâtons j'avance mes mains vers le flacon de gel douche et commence à me savonner, Il me dit de le faire à genoux. Je m'agenouille donc et passe le savon parfumé sur ma peau. Maître se dresse devant moi, je ne le vois pas mais comprends vite que la douche sera particulière. Je ne tarde pas à sentir un jet chaud couler sur mes épaules, mon visage, ma bouche ouverte. Il glisse ensuite son sexe entre mes lèvres et me baise la bouche, parfois trop profondément suscitant quelques hauts le cœur, je tousse, me retire, il reprend.

- Ici je m'en fiche si tu vomis, tu es das la douche.

Alors Il me prend la bouche encore. Mes genoux sont faibles, j'ai mal aux jambes, je ne tiens plus, j'ai beaucoup de mal en ce moment, j'ai des douleurs dans un genou depuis plusieurs semaines qui peinent à disparaître et j'en fais part à Maître.

- Mets toi assise.

Je m’assieds, fesses contre le bac de douche, le dos et la tête appuyés contre la paroi, les jambes repliées et écartées.

- Caresse toi.

Maître me pisse à nouveau dessus tandis que je me caresse, j'entends le cliquetis de mon désir.

Puis Il se saisit de la douchette et dirige l'eau sur mon visage, j'essaie de me contenir, de respirer calmement, puis il place sur mon nez et ma bouche un gant de toilette qu'il arrose avec le jet. A la première respiration il se plaque contre moi et j'ai l'impression de revivre cette séance du sac. Mais il y a l'eau, je crois que j'ai déjà pris de l'eau par le nez, ça me donne cette drôle de sensation dans la bouche, irritée, comme lorsqu'on boit la tasse à la piscine ou à la mer. C’est difficile pour moi, j'aimerais faire mieux mais je sens que j'ai encore d'énormes progrès à faire à ce niveau.

Parfois Maître joue avec l'eau, parfois il glisse son sexe être mes lèvres,  je me caresse, excitée par la situation tout en ayant le sentiment de ne pas la vivre assez, il faudrait presque que je m'imagine la scène pour tout ressentir plus intensément encore. Je me sens étourdie, la chaleur, la vapeur, l'espace exigu commence à me comprimer, ça fait longtemps maintenant que je suis avec ce loup sur les yeux, je m'imagine ainsi assise la tête appuyée contre la vitre, si vulnérable à ses pieds.

Maître vient me remplir, je crois reconnaître deux de ses doigts qui s'activent tandis que je me caresse. Il stoppe, puis reprend. J'ai envie de sentir Ses doigts, de les toucher, alors je descends doucement la main mais je n'y trouve pas ce que je cherchais.

Je suis profondément troublée, mon autre main rejoint la première pour épouser les contours de Son pied. Curieuse sensation que de toucher Son talon tandis que l'autre extrémité est en train de me pénétrer.

Je ne peux m'empêcher de penser à la propreté, Son pied dans ma chatte. Puis un grand sentiment de vulnérabilité s'empare de moi. Je me sens si petite, assise dans un coin, juste bonne à être baisée comme bon Lui semble. Il ne daigne pas s'accroupir pour m'offrir Ses doigts et satisfait juste sa petite chienne à l'aide de Son pied. Je visualise la scène, tandis que mes doigts dessinent de petits cercles rapides et que ses va-et-vient me remplissent rapidement. Ça m’excite, terriblement, j'aime à ce moment n'être rien, qu'Il me traite ainsi et je jouis très fort autour de Lui

La suite se passera dans notre chambre où Maître utilisera on esclave pour Son plaisir.

Une séance forte en émotions, une volonté de Maître à me pousser dans l'inconfort,une fois de plus, des jeux de respiration. Un moment à deux qui fait du bien et qui sonne comme le retour annoncé du Maître.

mercredi 10 octobre 2018

Confidences...


Après avoir rédigé cet article en mode "brouillon", j'ai demandé à Maître s'il souhaitait le lire avant sa publication tant il est personnel. Je souhaitais avoir une validation de sa part avant de le diffuser publiquement. Il m'a répondu que non, que cet espace, mon blog, m'appartenait. Je le remercie de me laisser m'exprimer sans censure comme Il l'a toujours fait.



La période est difficile en ce moment. Les moments de forte complicité alternent avec un grand vide intérieur. Les articles postés irrégulièrement ici en sont un reflet. J'ai bon nombre de fois eu l'envie de venir expliquer ici ce qui n'allait pas pour moi car c’est bien de moi dont il s'agit sans pouvoir le faire, simplement dans l'attente d'un jour prochain meilleur.  Je me suis en partie éteinte dans cette attente, j'ai eu l'impression que l'essence même de ma soumission n'avait plus la même profondeur. Le sentiment de soumission est si propre à chacune qu'il est difficilement explicable. Je l'ai ressenti si fortement au fond de moi, je n'avais pour cela pas besoin de marques physiques, ça se jouait ailleurs, au fond de mes entrailles, j'étais fière d'être à Lui et ça me donnait la force d'affronter le monde entier s'il le fallait, j'aimais l'obéissance, l'intensité des séances... Et même si je ressens encore cela, une partie de ce sentiment fort s’est mis un peu plus en sourdine car Il n'était plus là pour nourrir ce feu ardent qui brulait en moi.

A cela s'ajoute l'impression d'avoir la tête trop pleine, non pas de nous, mais d'un tout, ça fait des mois que je sens que je sature. Un manque d'envie, d'enthousiasme, le besoin de me mettre à l'écart, de ne plus avoir de contact, même avec mes amies qui m'auraient peut-être comprises. Je n'avais pas envie d'en parler, je ne voulais pas être celle qui donne l'impression de se plaindre, j'avais juste l'envie de m'isoler et de vivre en ermite loin du monde.

Alors bien sûr tout n’est pas si noir que cela, dame nature et ses fluctuations hormonales m'ont amenée à franchir ce pas, à aller un peu trop loin, à noircir notre tableau dans une discussion sur l'oreiller lourde et pesante. Une fois prise dans ce tourbillon je me suis laissée emportée, non pas dans l'envie de tout faire exploser (bien que c’est ce qu'il a pensé) mais dans ce besoin de poser les choses, maladroitement, en sombrant, en nous enfonçant toujours un peu plus loin, je voulais qu'il prenne conscience de mes/nos difficultés. Ça ne fut pas facile, ni pour moi, ni pour Lui qui ne partage pas mon ressenti. Maître n'aime pas entendre dire que ça ne va pas. Je me pose trop de questions et il est vrai que j'ai une fâcheuse tendance à avoir des sentiments très extrêmes. La soirée s’est terminée avec pour seule issue une impasse dont nous ne pourrions pas sortir avant plusieurs mois.

C'est curieux quand on pense à l'origine de ce changement. L'année dernière nous avons évoqué l'idée de changer de vie, Maître m'a fait rêver en pensant à ce futur prochain où nous serions plus ensemble, où nous pourrions être nous, à cette condition plus présente. Il a travaillé dur pour ça, nous avons pensé que son investissement ne payerait pas mais à force de persévérance et de rebondissements, en début d'année, nous avons franchi cette première étape qui allait nous permettre de tout réaliser.

Bien sûr tout ne pourrait prendre forme du jour au lendemain tant les changements sont nombreux et importants, il nous fallait faire des concessions en attendant de faire nos recherches pour la suite mais nous ne pensions pas pas que ça serait si long.

Maître s’est rapidement projeté dans ce futur avec ardeur et impatience pensant à toutes les choses que nous pourrions vivre, à cette esclave qui serait à Ses pieds, à la façon dont Il la dresserait. Et c’est ainsi que ce projet commun idyllique a commencé à chambouler notre vie.
On n'a rien sans rien, c’est une évidence, le temps que nous passons dans nos recherches ne peut être consacré aux séances, il faut gérer les priorités si nous voulons avancer, néanmoins petit à petit j'ai eu le sentiment que nous vivions dans l'attente du lendemain, oubliant de vivre aujourd'hui. Les séances bien que toujours présentes se sont espacées, la fatigue s’est installée, et comme rien n’est jamais simple des soucis nous ont compliqué la vie... bref ce "tout" m'éloigne de ma place parfois. Mélange de doutes auxquels succèdent nos places si facilement retrouvées lorsque le Maître est là mais avec ce quotidien où les attentes de la part de Maître ne surviennent plus avec la même force et envie.

Lorsque j'ai demandé à Maître de devenir Son esclave, cela avait un sens, et comportait aussi un certain nombre de besoins parce que c’est ainsi que je m'épanouis, que je vis, que je vibre, lorsque je suis son esclave qu'il me dirige au gré de ses envies. Je suis devenue pleinement dépendante de Lui, à vrai dire je l'ai toujours été mais je me suis ouverte encore plus à Lui jusqu'à Lui remettre toutes mes clés et lorsque notre quotidien me rappelle notre ancienne vie bien sûr j'arrive à vivre, je retrouve mon petit train train, mais en sa présence je n'arrive plus à profiter pleinement de certains moments passés ensemble puisque j'attends que ce soit Lui qui me dise quoi faire, comment me comporter, qu'Il me dise simplement en rentrant du boulot le soir ce qu'Il a envie de faire, qu'Il me guide et lorsqu'Il ne le fait pas je suis si vide.

Nous avons pris le temps de réfléchir à notre relation, aux difficultés rencontrées. J'ai vidé mon sac noir sur blanc en Lui écrivant ce que ressentais, en Lui demandant aussi de réfléchir au tournant que nous voulions donner à notre relation. Esclave je l'étais toujours, du temps surtout, cette infinie patience dont j'essaie de  faire preuve, attendant que nous retrouvons notre dynamique, attendant un mail de sa part juste pour me signifier qu'Il n’est jamais bien loin, une simple consigne de faire du sport (que je fais désormais uniquement pour moi) ou n'importe quoi d'autre, faire quelque chose pour Lui parce qu'Il me le demande, le besoin de voir cette lueur dans ses yeux si présente lorsque je lui baise la main mais qu'Il ne montre plus assez au quotidien, j'ai besoin de voir que tout ce que nous vivons a un sens pour nous deux.

Je ne souhaite pas vivre dans l'illusion de ce que je ne suis pas. Ou je suis esclave ou je ne le suis pas, il n'y a pas d'autre choix, je ne ferai pas semblant. Aussi je lui ai proposé de redevenir sa soumise en attendant de pouvoir vivre pleinement ma condition d'esclave quand nous serions libérés de toutes ces contraintes qui pèsent sur notre quotidien. Il m'a fallu beaucoup réfléchir avant de Lui proposer, de peut-être même nous mettre en pause tout en continuant de jouer de temps en temps s'il le désirait. Ce matin là j'ai versé quelques larmes, seule. J'ai commencé à écrire ce mail en me disant que je ne lui enverrai pas, pas tout de suite en tout cas, attendant de voir l’évolution de la situation mais je l'ai eu au téléphone et je n'ai rien su Lui cacher car c’est ainsi, j'ai ce besoin de tout Lui dire, même s'il s'agit de banalités.  L'alchimie est toujours là, les séances surprenantes et riches en découvertes, à vrai dire nous allons de plus en plus loin, mais j'ai besoin du reste, de tous ces petits riens qui sont importants pour moi. Je ne peux attendre indéfiniment que tous nos projets se concrétisent pour vivre à nouveau, j'ai besoin de savoir ce que nous vivons vraiment en acceptant la réalité des choses. Maître est emprisonné dans son travail qui lui bouffe ses journées, nous pensions nous en décharger rapidement pour construire notre future vie mais la mise en place de celle-ci est plus compliquée que nous l'avions imaginée, plus longue, nos recherches nous prennent nos soirées, une partie de nos week-end, à cela s'ajoute bien sûr les aléas de la vie, les soucis qui s’enchaînent, j'ai vraiment l'impression d'être dans une période de poisse, que la roue ne tourne pas dans le bon sens.

Maître a écouté mes peines avec beaucoup plus de douceur que lors de notre discussion, il a accepté les responsabilités qui étaient les siennes dans cette distance que je ressens parfois. Il a choisi que je resterai son esclave aujourd'hui et demain. Il a pris conscience que malgré les difficultés nous avions besoin de temps pour nous parce qu'il est important de vivre aujourd'hui.

Il a décidé de me reprendre en main et a pris des engagements en me disant que le Maître était de retour.

J'ai pris conscience des difficultés qu'Il a à être Maître lorsque l'esclave ne met plus de bonne volonté. En effet, j'avais tant besoin de savoir que je faisais les choses pour Lui que j'avais décidé de ne plus faire ce qui ne le faisait pas réagir si ça n'était pas fait, je voulais que les choses viennent de Lui afin de les faire pour Lui, par choix ou par contrainte, parce qu'il ne peut en être autrement.

Alors même si j'ai besoin de sentir le Maître face à moi pour me sentir soumise, j'ai aussi envie d'y mettre de la bonne volonté en me conduisant tel qu'Il l'attend aujourd'hui.

Et si j'écris aujourd'hui ici, c'est parce qu'il s'agit pour moi, pour nous, d'un nouvel engagement.