Accéder au contenu principal

Coronavirus et confinement


Difficile d'échapper à ce mot présent sur toutes les lèvres et dans tous les esprits. Notre petit monde n'est pas non plus épargné : la proximité, les échanges de flux corporels, les rapprochements, les espaces clos... ont incité certains à prendre leurs responsabilités et à fermer leur club, reporter leurs soirées (ou les annuler) avant même que le gouvernement ne l'impose.

Aujourd'hui, nous voilà contraints à rester chez nous. Forcément les habitudes de chacun s'en trouvent bouleversées. Notre petite famille a également dû s'habituer au changement. Maître, habitué aux longues journées, aux réunions et rendez-vous qui s'enchaînent, travaille désormais de la maison. Pour ma part, en semaine, je suis plutôt casanière, l'essentiel de mes déplacements est souvent à la vie de la famille. J'aime néanmoins profiter du week-end pour sortir, aller trainer les magasins, dîner au restaurant, voir du monde... et alors que j'ai l'habitude d'être la majorité du temps seule à la maison, me voici constamment entourée.
Je ne m'en plains pas, bien au contraire ! Bien entendu, nous nous serions bien passés d'une telle crise sanitaire mais je profite de ce moment pour me reconnecter à l'essentiel, à nous. Notre relation Maître/esclave ne peut s'épanouir comme nous sommes également parents (et forcément jamais seuls à la maison) mais parfois un petit clin d’œil, une façon de parler, une fessée qui s'égare, et quelques rituels me rappellent notre lien. Même si nos places sont mises de côté, je me sens bien plus proche de l'homme que j'aime.

Lorsque je vois les psychologues intervenir au JT pour expliquer aux couples comment apprendre à vivre ensemble, discuter mais pas trop, préserver un espace pour chacun, se supporter, j’écarquille les yeux. Heu... c’est vraiment sérieux ? On a besoin d'un psy pour ça ? Parait-il que les séparations post confinement en Chine ont été nombreuses. Je dois dire que je me demande ce que ces couples qui ne savent pas vivre à deux font ensemble. Est-ce notre société qui a créé cette distance avec l'autre ? Toutes les "urgences" du quotidien qui relèguent au second plan la famille ? Sommes-nous devenus si indépendants l'un envers l'autre au point de ne plus savoir vivre ensemble ? Je m'interroge sur les valeurs et véritables priorités de la vie.

Certains profitent de ce moment de confinement comme une chance donnée de se reconnecter à soi, à l'autre, à la vie, aux enfants, à la famille. Moins de stress (en tout cas pas le même), plus de temps, des priorités soudainement différentes. Partager, faire ensemble, prendre le temps. Peut-être que dans ces situations difficiles, où tout le monde est embarqué dans la même galère les personnes se soutiennent davantage (bien qu'on ne puisse pas faire de généralité). Je suis émue par les applaudissements pour les soignants, par leur dévouement, par ces partages avec les autres où d’un balcon ou écran interposé artiste ou inconnu créent un lien avec leurs voisins ou des milliers de personnes par internet sans distinction sociale. Des systèmes d'entraide, une présence, des petites blagues partagées pour faire sourire malgré la crise.

Et puis il y a les mécontents : pas contents quand il faut aller bosser, pas contents quand il faut rester à la maison, pas contents de donner trop d'importance à un virus présenté encore par certains comme guère plus dangereux que celui de la grippe. Ceux qui sans doute pensent que ça n'arrive qu'aux autres, qu'aux vieux, qu'aux personnes ayant déjà des pathologies, ceux qui pensent finalement qu'à leur nombril en se fichant de la vie d'autrui, ceux qui pensent que ce ne sont que quelques milliers de morts et qu'il y a déjà eu pire (rappelons toutefois que taux de létalité serait nettement supérieur à celui de la grippe, la moitié des patients en France en réa aurait à ce jour moins de 60 ans et sans avoir d’antécédents les présentant comme des personnes à risques) alors que pour une fois, dans notre société, on essaie de faire passer la santé avant le business et les profits !
Quand j’entends «je ne peux pas faire autrement que de sortir" et que je vois des personnes réunies dans parcs, jardins, quais de Seine... ça m'insupporte. Comme si ça amusait les autres, ceux qui respectent la règle de rester à la maison ! Quel paradoxe ! Quand je vois que nous passons notre vie en extérieur hyper connectés avec un portable dans les mains, que les couples ou groupes au restaurant, à la plage ne se parlent plus, trop occupés à tapoter sur leur portable.
On en oublierait presque que même enfermés chez nous, nous avons la chance de ne jamais être totalement coupés du monde : le téléphone, les e-mails, les réseaux sociaux permettent de garder le lien. Internet est une source d'informations inépuisable pour qui souhaite s'informer, se distraire, apprendre, lire... Certains osent ainsi se plaindre d'être sagement installés dans leur canapé avec tout le confort lié à la modernité pendant que patients et soignants tentent de lutter contre la maladie.

Je suis bien consciente que le confinement n’est pas vécu de la même façon si on habite dans un studio ou une maison, qu'on soit seul ou en famille, et que les personnes âgées isolées sont sans doute celles le plus à plaindre, mais je suis scandalisée que des jeunes et moins jeunes fassent preuve de tant d'égoïsme au point de ne pas respecter les mesures de confinement mettant ainsi en péril le recul de l'épidémie. Bon nombre d'entre eux (je le souhaite) ne seront peut-être jamais touchés malgré le manque de précautions et continueront ainsi de penser que tout ceci n'était que foutaise, d'autres ne développeront que des symptômes mineurs ou seront asymptomatiques mais contamineront sans même le savoir d'autres personnes qui n'auront pas la même chance qu'eux.
C’est tout simplement une honte pour ceux qui se battent jour et nuit dans les hôpitaux pour sauver des vies, pour les malades en train de souffrir ou mourir dans leur lit. Alors que certains hôpitaux saturés devront bientôt choisir à qui donner la priorité par manque de place ou de moyens !
Peut-être que les chances seront données à un patient plus jeune, cela suffit-il à excuser une telle attitude ? A partir de quel âge a-t-on-assez vécu ? Jusqu'à quel âge se pense-t-on invincible ou pas concerné par la maladie ? A-t-on le droit de mettre la vie d'autrui en danger par insouciance ? Il est vrai que fort heureusement, une grande majorité des personnes touchées guériront de cette maladie, mais nulle certitude que ça se passe ainsi même pour un patient qui était auparavant en pleine santé. Si ce comportement insouciant entraîne la mort d'un patient, c’est un mort de trop ! Et c'est inadmissible !

Je suis de mon côté, comme la grande majorité d'entre nous, prête à tous ces sacrifices. Prête à rester confinée aussi longtemps que nécessaire si cela donne la moindre chance à l'épidémie de reculer.

Libre à chacun de penser et de croire ce qu'il veut sur la dangerosité de la maladie et le bien-fondé de ce confinement, mais la règle est là et elle est la même pour Tous.

Cette mesure n'a de sens que si elle est suivie par tous.


Pour être informé de la publication de nouveaux articles, inscrivez-vous. N'oubliez pas de confirmer votre inscription en cliquant sur le lien reçu par e-mail ;-)


Delivered by FeedBurner

Commentaires

  1. Bonsoir Anaëlle,
    Merci de ton nouvel article que j'approuve à 100% tant il est plein de vérité.
    Je suis confinée avec mes filles dans un appartement suffisamment grand (68m2) pour que nous puissions nous isoler quand nous en ressentons le besoin et aussi de nous retrouver dans les endroits communs comme la cuisine et le salon.
    J'ai profité du soleil dans ma cuisine exposée plein Sud avec un livre ces deux précédents après midi; ma fille aînée s'est mis à la pâtisserie depuis 3 jours.... heureusement nous faisons du sport chez nous devant des vidéos sur Internet ou du vélo elliptique dans ma chambre.

    On applaudit tous les soirs à 20h sur notre balcon.

    Bonne soirée,
    Galathee.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Galathee,

      Je te remercie pour ton commentaire et le partage de ton expérience de confinement et de ton quotidien qui ressemble un peu au nôtre. ici aussi chacun poursuit ses activités dans "son coin" et nous nous retrouvons à divers moments de la journée pour partager un moment ensemble, faire la cuisine ou encore du sport en famille. Déjà que je faisais du sport pour Maître, me voilà avec un deuxième coach (ado) à la maison ;-)
      De toute façon il fut bien faire preuve de patience et essayer de s'occuper.

      Je te souhaite une belle journée,
      Anaëlle

      Supprimer
  2. Bonjour Anaëlle ,

    Je suis également d'accord avec tous ce que tu as écrits , moi j'ai la chance de vivre à la campagne avec un jardin et une terrasse , pour le confinement je suis venu le passer avec ma mère pour ne pas la laisser seule , elle vie dans le même village , c'est pratique . Heureusement ici les gens s'entraide , lorsque quelqu'un sort , il fait les courses pour tout le monde , c'est pratique .

    Par contre j'ai un petit coup de gueule à passer pour notre gouvernement !!!
    Pourquoi fait on tous en retard !?
    Pourquoi ne pas faire un confinement total !!!?
    Plus de 400 personnes dans le milieu hospitalier touché , déjà 5 Médecins morts !!!
    Que ferons nous quand on viendra à manquer de personnel soignant !!!?
    Plus les gens aurons de liberté et plus le covid-19 aura de beau jour devant lui !!!
    Alors on attend quoi !!!?

    Bon bin voila c'était mon petit coup de gueule et je suis resté modéré .


    Bonne journée et bon confinement à vous ,


    Pierre ,

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Pierre,

      Ce système d'entraide est vraiment chouette, il est important de se montrer solidaire d'autant plus si cela peut aider également les personnes âgées qui ne peuvent pas forcément se déplacer.

      Maître serait totalement d'accord avec vous. Il est révolté de voir nos soignants sans équipement de protection, sans masque (et malheureusement ça n’est pas la seule chose qui vient à manquer), ou le délai pour commander en masse le traitement faisant actuellement l'objet d'essais cliniques (quand on se décidera à acheter le médicament d'autres pays seront passés avant nous). Visiblement notre gouvernement ne s’est pas affolé assez tôt de ces questions et ce sont le soignants sur le terrain qui en font les frais aujourd'hui.
      Je trouve tout comme vous que les règles actuelles de confinement sont encore trop souples mais parait-il que dans notre société le confinement total est difficile à mettre en place puisqu'il ne s'agit pas d'un système totalitaire (comme en Chine).

      Prenez soin de vous et de votre mère,

      Bonne fin de journée,
      Anaëlle

      Supprimer
  3. merci pour la redaction de ce superbe article bien ecrit et courage aux soignants sur le terrain et sans masques bonne journee et bon confinement

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci à vous d'avoir laissé une trace de votre passage et ces encouragements pour les soignants.

      Je vous souhaite également une bonne fin de journée et un bon confinement,

      Anaëlle

      Supprimer
  4. Bonsoir Anaëlle,
    Je n'imaginais pas un jour un tel message sur un blog de cette nature (ce qui n'est en aucun cas une critique, bien au contraire !). Peut être est-ce que ce virus a-t-il déjà commencé à faire sauter quelques frontières artificielles.
    Quoi qu'il en soit, je partage entièrement votre prise de position ainsi que le "coup de gueule" de Pierre. Comme vous, je regrette ce manque de prise de conscience de bien trop de monde. J'ai la chance d'avoir mes deux parents encore en vie, installés chez eux. C'est difficile de leur faire comprendre la situation actuelle ; comme beaucoup de personnes de leur âge, elles ont du mal avec des règles qui les contraignent, et considèrent que, de toutes façons, elles ne risquent plus rien. Mais cela, je peux le comprendre, car le sentiment de solitude est fort chez ces personnes. Mais ce n'est pas le cas de ces jeunes "sportifs" que je vois sortir tous les jours depuis ma fenêtre, et qui, après 4 foulées courageuses, se mettent à marcher, pendues à leur téléphone, et se suivant les uns les autres ....

    Vous avez raison, Anaëlle, sachons voir ce qu'est notre chance, profiter de ce que nous avons, quelles que soient les circonstances.

    Bon courage à tous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour,

      Faire un article sur la situation actuelle est en effet loin des partages que j'ai l'habitude de faire ici et peut donc sembler en décalage. Pourtant, si je ne l'avais pas fait, j'aurais eu l'impression de faire l'autruche. Mon blog est mon espace de libre expression, j'ai à cœur qu'il reflète sincèrement notre vie et il me semblait essentiel de parler de ce virus qui nous affecte tous d'une manière ou d'une autre. Je ne sais pas si cette prise de position fera changer quoi que soit mais si cela pouvait faire prendre conscience ne serait-ce qu'à une personne qu'il faut réellement respecter le confinement pour lutter contre l'épidémie actuelle alors j'aurais tout gagné.
      Je rencontre la même difficulté que vous avec mes parents, il n'a pas été facile de leur faire comprendre qu'il fallait changer leurs habitudes ou ne pas les alarmer face à l'idée qu'il fallait se tenir éloignés même de leurs enfants, pour leur bien.
      Les visites rendues aux personnes âgées sont souvent attendues,comme une bouffée d'oxygène dans une vie où bien souvent il ne se passe plus grand chose, j'ai beaucoup de compassion pour elles.
      Comme vous le soulignez, certains profitent simplement d'un système d'autorisations de sorties peut-être encore trop laxiste pour prendre les sorties à la légère.

      Prenez soin de vous,

      Anaëlle

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Lire vos commentaires est une de mes récompenses. Je vous remercie de me laisser une petite trace de votre passage.

Articles les plus consultés

Quand le Maître fait craquer son esclave...

 Deux heures, voilà deux heures que notre séance s'est terminée lorsque je débute la rédaction de ce récit. J'ai les fesses endolories, des marques enflées sur les cuisses, le dos parsemé de zébrures, des dizaines de petits points rouges sur le ventre, des hématomes sur les seins. Les cordes imprimées dans ma peau s'effacent quant à elles peu à peu. Mon corps raconterait certainement mieux que moi cette séance intense car tout est confus dans mon esprit, je ne sais pas ce qui s'est réellement passé, je peine à mettre des mots et des émotions sur la totalité de cette séance... Être ponctuelle, voilà ma première mission, essayer de m'organiser, définir combien de temps il me faut pour me doucher et me préparer. Le réveil indiquait 14h26 lorsque j'ai regardé l'heure dans notre chambre. Satisfaite d'avoir un peu d'avance, j'avais déjà mis en marche notre playlist, pas suffisamment fort pour qu'il l'entende car il me fallait encore m...

Les marques... de l'incompréhension à la fierté

Une envie de vous parler de ce sujet qui me trotte dans la tête depuis plusieurs semaines : les marques. Pas celles qui laissent une signature indélébile, un marquage au fer, un tatouage mais simplement de ces meurtrissures éphémères laissées sur le corps par le Maître. Ma vision de celles-ci a beaucoup évolué depuis le début de notre relation et afin d'être totalement honnête avec moi-même mais aussi avec vous, il me faut tout d'abord évoquer ce qu'elles représentaient pour moi il y a quelques temps. A vrai dire, sans jugement, quelque chose chose m'échappait. Je ne comprenais pas cette exposition de fesses violacées par une soumise ou un Maître (d'ailleurs je tiens à préciser que nous ne sommes pas égales devant ces couleurs, certaines soumises marquent facilement et d'autres non, les couleurs à elles seules ne suffisent donc pas à plonger dans l'intimité et l'intensité d'une séance). Il me manquait le contexte, il n'y avait pas d...

Résolutions de la soumise

Le début d'année sonne pour moi comme un nouveau départ, une occasion de changer certaines choses, d'en entreprendre d'autres... Super motivée les premiers jours, les bonnes résolutions finissent généralement par s'effacer (manque de temps, manque d'envie...) mais cette année je suis bien décidée à les tenir et c'est pourquoi j'ai envie de les partager. Je n'en ai pris que 3, ce qui n’est pas si mal : - une sur le plan physique - une sur le plan moral - et une dernière plus particulière Sur le plan physique rien de bien original, j'imagine que beaucoup de personnes prennent la même. Il y a 7 mois mon Maître m'a imposé deux séances de 30 minutes de sport par semaine. Je vous l'accorde ça ne fait qu'une heure, mais quand on n'est pas sportive le sport passe même après le ménage. Je n'aurais jamais tenu si cette consigne ne venait pas de lui, j'y pense à chaque fois que je monte sur le tapis de course (sur lequel je ...

Le collier

Mon Maître m'a offert un collier (celui en photo tout en haut de mon blog) l'année dernière, je le porte lors de nos séances, très exceptionnellement dehors sous un foulard pour un bref moment. Bien avant qu'on soit en 24/7 j'ai émis le souhait d'avoir un collier à porter dehors, en public. Une façon de me sentir soumise en extérieur et de savoir ainsi si je sortais avec mon mari (vanille) ou avec mon Maître. Cette envie de collier revient de temps en temps dans les discussions mais je ne veux pas le forcer, la décision lui appartient, d'ailleurs vous avez remarqué je ne l'ai pas fait figurer dans ma wish list alors que bien évidement c'est la première chose à laquelle j'ai pensé. Notre passage en 24/7 n'a rien changé. je ne porte mon collier que lors de nos séances, le reste de la journée je n'ai aucun signe distinctif mais je n'ai plus de questions à me poser je sais que je suis tout le temps sa soumise. Le week end dernier ...

Le collier (suite)

Il y a un peu plus d'un mois je m'interrogeais sur le port d'un collier , pas un de cuir comme je porte lors de nos séances mais sur un collier à porter constamment, aussi bien en privé qu'en public. Et c'est justement de devoir le porter constamment et aux yeux de tous qui me perturbait, une partie de moi en avait envie alors que l'autre était incapable de l'assumer. Nos dernières vacances ont été riches en émotions. Mon Maître a été si présent pour moi et il m'a fait vivre des choses dont je me sentais pas capable. Deux semaines de bonheur avec seulement un manque, ce collier que j'aurais aimé avoir autour de mon cou. Il m'a manqué, vraiment, pour la première fois. Je me sentais sa soumise, j'avais envie de sentir ce lien d'appartenance, sentir son emprise sur moi et lui montrer à quel point j'étais toute à Lui. J'aurais aimé marcher la tête haute à côté de Lui. Fière de le porter, fière d'être à Lui, fière de m...