Anaëlle, esclave de Maître Phénix, Carnet intime d'une Soumise

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lundi 14 mai 2018

Perdue...


Plus d'un mois sans article, je ne pensais pas que ça faisait si longtemps. J'ai gardé notre dernière longue séance pour nous, c'était avant les vacances, un moment où je me suis remise à lui, presque nue, dans le jardin, bâillonnée, attachée, les yeux fermés derrière mon bandeau, essayant d'être la plus discrète possible sous les assauts du fouet pour ne pas attirer l'attention des voisins en cette journée ensoleillée. Ce partage m'avait fait du bien, il m'avait permis de retrouver ma place dans une période où mon ressenti est en dents de scie.

Bien que j'aie souhaité écrire ce blog en toute transparence, j'ai eu du mal à venir y poser des mots, c'est tellement plus facile de venir écrire à quel point "je me sens à Lui". Je n'avais pas envie de venir y livrer mes états d'âme, mes craintes, donner l'impression de me plaindre. Il me fallait du temps, seule, pour y réfléchir.

Je ne sais pas pourquoi aujourd'hui je me décide à tapoter sur mon clavier, est-ce parce que j'ai l'impression que cette période est derrière nous, ou parce que les doutes sont toujours là. Un besoin peut-être d'évacuer tout ça pour y voir plus clair mais aussi pour continuer à écrire ce blog comme je l'ai toujours fait, avec sincérité, loin des photos ou des écrits qui donnent souvent l'impression que tout est facile et tout rose ailleurs. Je veux livrer ici aussi les difficultés rencontrées.

Nous sommes très occupés en ce moment, des rendez-vous, des évènements auxquels il faut assister, des bobos à soigner, la vie professionnelle et ses contraintes auxquels s'ajoute cette future vie que nous étudions. Un tout qui laisse peu de temps, qui nous éloigne de nos places, je le sens moins présent, je comprends pourquoi, il se donne déjà à fond dans tout, trop à gérer, la fatigue s'accumule, impossible d'en rajouter encore. Petit à petit j'ai l'impression de redevenir celle que j'étais, avant... avant N/nous, mon train-train quotidien, un ressenti différent lorsque je m'agenouille à ses pieds et qui me perturbe. Je me sentais si pleinement soumise au plus profond de moi, c'était inscrit en moi, je le ressentais dans chaque parcelle de mon corps et de mon cœur. Je ne ressens plus cette même intensité, cette bulle où tout s'arrête et où plus rien n'existe en dehors de notre lien, ce feu qui nous animait, une passion ardente où son désir m'embrasait et me faisait perdre la raison. L'espacement des séances (les vacances scolaires n'aident pas) y est aussi pour beaucoup.

Je n'arrive pas à trouver les mots pour en parler. De son côté le doute n'existe pas, alors préfère-t-il peut-être ne pas écouter ces moments où j'essaie de lui faire comprendre ce qui se passe en moi car tout cela lui parait injustifié. Je me pose trop de questions, je cogite trop.

Il est vrai que malgré tout lorsqu'Il revient, je retrouve ma place avec aisance, l'inquiétude disparaît, je suis à Lui mais ça ne dure jamais assez longtemps pour me faire retrouver pleinement ma place. J'en viens à me demander ce que je suis. Je repense à ce moment où, agenouillée à ses pieds, je Lui ai demandé de faire de moi son esclave, c'était il y a presque un an, un moment d'émotion intense difficilement explicable, d'une beauté exceptionnelle, bercé de rires et de larmes. Notre connexion était si forte.

La liberté dans laquelle je me complais par moment (faire des choses sans avoir à demander...), génère également beaucoup de stress en moi, tout est tellement plus facile quand il est là. Mais je ne peux attendre ses consignes, le sport  par exemple que je faisais à sa demande est devenu personnel et n'a plus la même saveur, je le fais pour prendre soin de moi plutôt que pour lui plaire ou pour qu'il soit fier de mon obéissance. Je le sens plus loin.

Mon humeur est aussi changeante que le temps, l'enthousiasme laisse place à la tristesse, et inversement, sans arriver à atteindre ce douillet petit nuage que j'aimais tant.

Durant ces vacances nous avons franchi une nouvelle étape. Les lecteurs réguliers de mon blog s'en souviendront peut-être. Maître souhaite nous offrir une nouvelle vie et a travaillé beaucoup l'année dernière pour permettre la réalisation de ce projet. Une vie où nous serions nous, une vie de Maître/esclave plus intense. Il m'a fait rêver, m'a rendue impatiente de voir cette vie se réaliser.

C’est un long projet qui se construit, se réfléchit... car il engendre bon nombres de changements. Nous avons franchi une première étape il y a quelques mois au niveau professionnel.

Cette vie est devenu un but, un graal à atteindre pour lui pour être pleinement nous. Cependant il s'y projette tellement que j'ai l'impression qu'il a oublié que notre lien n'avait pas besoin de ça pour exister, comment faisions-nous avant ?
J'ai toujours vécu les choses au jour le jour dans notre relation depuis l'arrivée de ce lien particulier, parfois trépignant d'impatience à vouloir tout, tout de suite à nos débuts, patiente la plupart du temps, j'ai avancé sans savoir ce que nous serons dans les semaines, les mois, les années à venir, savourant juste l'instant présent (chose exceptionnelle pour moi qui vivais jusqu'alors souvent dans le passé ou le futur). Et il vivait notre vie de la même façon.
Il est désormais tourné vers ce futur, cet après, oubliant peut-être de vivre également l'instant présent. Je partage cette envie d'une nouvelle vie mais je ne peux pas attendre, j'ai besoin de vivre, maintenant, tout de suite car j'ai peur que lorsque nous arriverons à la concrétisation de ce beau projet mon âme de soumise se soit perdue. M'appeler esclave, me tirer par le cou, me faire m'agenouiller ne suffit pas à faire ressentir une condition. J'ai l'impression de vivre notre vie vanille, version bdsm, où une routine s'installe. Je ne demande pas à vivre sans cesse des découvertes (même si j'en suis très friande) mais je veux sentir toute la puissance de notre lien. Peu importe que ça soit en 24/7 ou non, je veux savoir ce que vivons. J'ai besoin de savoir où nous allons pour m'assurer que nos rêves sont les mêmes tout en continuant à vivre comme le faisions avant.

Nous avons franchi une nouvelle étape durant ces vacances, une semaine à sillonner les routes en famille pour trouver l'endroit où nous aimerions nous installer. Le matin du départ, Il avait mis le jean de séance et s'était parfumé (il ne se parfume que lors de nos séances), ça ne semble pas grand-chose et pourtant ça avait pour moi énormément de sens. Nous allions ensemble à la recherche de notre nouvelle vie. Nous nous sommes arrêtés lors de ce long trajet sur une aire d'autoroute. Maître m'a demandé de m'agenouiller à ses pieds, j'ai retrouvé ce moment où le cœur palpite, un peu gênée aussi car l'aire était fréquentée à l'heure du déjeuner, gêne que je ne ressentais absolument plus, je n'étais que fierté et ce ressenti me donne l'impression de retourner en arrière. Lorsqu'il s’est levé, je me suis levée à mon tour pour le suivre et après quelques pas il s'est retourné en me disant "Qui t'a donné l'autorisation de te lever ? Retourne à ta place". Je suis donc retournée, seule, m'agenouiller, à la vue des personnes se reposant sur les bancs. Je ne sais pas ce qui m'a le plus troublée, le fait de me relever sans autorisation comme une novice ou d'être simplement installée là, aux yeux des "autres". J'agis toujours en faisant passer ses demandes avec l'environnement extérieur mais pourquoi y fais-je de nouveau attention ? Quoiqu'il en soit j'ai aimé Le retrouver.

Durant cette semaine, nous avons fait escale une nuit dans un hôtel où il y avait un digicode pour accéder à la chambre. Alors que lisais cette série de six chiffres à noter j'ai entendu "Numéro ?", je savais que c'était mon numéro d'esclave qu'Il voulait entendre et là, prise de panique, j'ai été pour la première fois dans l'incapacité de le retrouver. Comment ai-je pu l'oublier ? Ce numéro ! La marque de mon appartenance ! Même s'il m'arrive d'avoir l'impression de l'oublier, il est toujours revenu sans aucune hésitation lorsqu'il me le demandait... sauf ce jour-là, devant cette porte, trou noir, les chiffres se sont emmêlés dans ma tête sans jamais se replacer dans le bon ordre. Coup de massue... incertitudes qui reviennent comme une preuve irréfutable, je ne suis plus esclave. Jamais je n'aurai dû oublier.

Me voilà, à nouveau perdue dans mes pensées. Je me demande si cette vie promise et vers laquelle nous nous dirigeons existe, existera au sens où Il me l'avait fait entendre... L'avons-nous imaginée de la même façon ? Ai-je trop rêvé ?
Et si ce rêve est partagé, ma soumission sera-t-elle encore intacte en dépit d'un quotidien qui nous laisse trop peu de temps libre pour vivre notre relation ?


6 commentaires:

  1. Bonsoir Anaëlle,

    Il n'est pas toujours facile d'avancer quand les événements jouent contre nous. Les sentiments qui oscillent entre haut et bas, la pause forcée des vacances scolaires...
    Cela me parle tant ! J'aimerai tant vivre éternellement sur mon petit nuage à paillettes, ne jamais redescendre dans la vie vanille et ses obligations, ses tonnes d'interdits.
    J'espère que vous trouverez vite votre bonheur en habitat, votre bonheur dans l'épanouissement D/s, la page du nord qui se tourne en vous rapprochant du sud-est. Peut-être de nouvelles rencontres à venir ;)
    Des bisous à paillettes pour toi,
    Mes respects à Maitre Phénix

    Dana, Soumise novice de Maitre Fox

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    1. Bonjour Dana,

      Je te remercie pour tes messages et ton soutien.
      J'ai parfois l'impression d'être déconnectée de la réalité et comme toi, j'aimerais aussi vivre éternellement sur mon nuage.
      Je vis les choses intensément, trop peut-être, je prends tout si à cœur, m'extasiant devant de petits bonheurs mais sombrant aussi facilement lorsqu'il manque quelque chose, me concentrant alors sur le négatif et le laissant peu à peu m'envahir.
      La vue est ainsi faite. Le monde où j'aimerais vivre n'existe pas néanmoins cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas nous épanouir.
      Tous ces messages de soutien m'ont, en quelque sorte, "réveillée". Il faut parfois du temps pour obtenir ce que l'on souhaite, le chemin est parfois parsemé de difficultés mais continuer à avancer ensemble permet de les surmonter.

      Et qui sait, ce futur déménagement nous réserve peut-être de belles rencontres à venir ;-)

      Mes respects à Maître Fox et des bisous pour toi,

      Anaëlle

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  2. Bonjour ma douce...

    D'abord merci de t'ouvrir à nous avec toujours autant de sincérité.
    Ton message, ta réflexion, j'aurai tout à fait pu l'écrire... Un peu différemment car comme tu le sais, je ne vis pas avec mon Maître(moi jalouse ? Mdrrrrr... Non, un doux rêve sûrement oui...) mais depuis décembre, N/notre relation s'est un peu assagie et tout comme toi, j'ai eu peur... Peur de me perdre dans ma soumission... Peur de ne plus être celle que j'avais été auparavant.

    Je pense simplement que la vie est faite de moments plus ou moins difficiles, pour Eux, pour nous.. Que les tracas du quotidien submergent parfois les êtres humains que N/nous sommes et que du coup, la laisse est un peu moins tendue, le sentiment de soumission toujours présent mais assourdi... Et tout comme toi, je n'aime pas cela et cela me fait peur.

    Peur de perdre celle que j'ai été au début.
    Et tout comme toi, en séance je lâche tout pour pouvoir me nourrir pleinement de l'instant... Et le sentiment de vide revient de plus belle après.

    Il faut à mon sens, prendre patience pour pouvoir Les retrouver dès qu'Ils seront plus disponible... C'est faire preuve de patience dans toute notre impatience...

    Et savoir prendre ce qu'Il nous offre malgré les soucis, malgré les difficultés, malgré les imprévus...

    Je n'ai aucun doute sur le fait que Vous avancez ensemble vers un horizon des plus merveilleux ma douce... N'oublie pas cela. N'oublie pas que Vous construisez ensemble V/votre demain V/votre futur... Et j'aimerai, je te l'avoue, pouvoir me projeter tout autant... Mais à situation différente... avenirs différents... Sourire

    Montre Lui justement que rien ne change pour toi, reste toi. Va puiser en toi, en V/vous cette force que je te connais, cette capacité à être une sublime esclave... Et si ton corps n'est pas raccord, ton âme l'est toujours, empreinte de toute ta soumission, du don que tu as fait ...

    Je t'embrasse ma précieuse Anaëlle...

    Et ne dis rien à personne... Mais je t'admire en secret... Rires...

    Transmets mon profond respect à Maître Phénix.

    Sakura, soumise dévouée de Maître Katsuo

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    1. Bonjour ma belle Sakura,

      J'ai été extrêmement émue par ton message. Toute cette tendresse et ce partage me font chaud au cœur.

      Oui, nos vies sont différentes, nous sommes probablement également très différentes l'une de l'autre, pourtant, je sais qu'au fond nous nous ressemblons dans notre manière de vivre et ressentir ce lien qui nous unit à notre Maître.

      Cette laisse qui se détend me perturbe, peur de perdre cette intensité dans laquelle je me sens si vivante, cette connexion où au travers d'un regard je me sens à Lui, où je le sens fier de me posséder. Mais cette laisse est toujours entre ses mains et je devrais le garder davantage en mémoire.

      Cet article, les commentaires postés ici, les échanges avec une amie nous ont permis de discuter de tout cela. Ca n'est pas facile bien sûr, les opinions divergent parfois mais cela m'a permis d'être écoutée.

      J'avais peut-être oublié la chance que nous avions de pouvoir nous projeter dans cet avenir... J'aimerais tant déjà y être et passer cette étape de la préparation aussi nécessaire que déroutante.

      La rébellion, la provocation dont je ne suis pas fière pour tester jusqu'où je peux aller et lui rappeler que s'il n'est pas à sa place, je ne suis pas à la mienne, ne sont assurément pas la bonne manière de traverser cette période.

      Je te remercie infiniment d'éclairer ce chemin et de me montrer qu'il y a une autre manière d'agir. Rester soi-même dans l'attente de le/nous retrouver.

      Je t'embrasse ma belle,

      Mes respects à Maître Katsuo,

      Affectueusement,
      Anaëlle

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  3. Il semble que ton Maitre n'était pas si loin et en tout cas est de retour...
    En témoigne la journée et la séance passées en ensemble hier....
    Ton Maitre

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    1. En effet Maître. Peut-être que cet article et la discussion qui a suivi ont été des éléments qui Vous ont permis de Vous rendre compte que les moments que nous passions ensemble s’espaçaient.

      Retrouver ma place, retrouver ce sentiment de soumission en moi et la sincérité avec laquelle je l'exprime au travers de nos rituels, du baise main ou simplement du plaisir pris à Vous appeler Maître, ces petits moments de bonheur où je me sens si à Vous contribuent redonnent aussi un sens et Vous permettent de retrouver Votre place.

      Je Vous aime Maître,

      Respectueusement,
      Votre bien aimée esclave

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